Quelques mots très rapides sur l’adversaire de ce soir.

Dans le Hesse, land exportateur de médicaments et de cavaliers sans tête (activité qui a, il faut bien le dire, beaucoup décliné depuis le XVIIIe siècle), se trouve la douce bourgade de Frankfurt, célèbre entre autre pour ses saucisses, sa Banque Centrale Européenne et un club de football, le Eintracht Frankfurt.

Fondé sous le nom programmatique de Frankfurter FC Viktoria 1899, après d’innombrables fusions et scissions, le nom d’Eintracht Frankfurt finit par s’imposer après la Seconde Guerre Mondiale - Eintracht, c’est la concorde, la bonne entente.

Nous passerons sur son histoire avant la seconde guerre mondiale, celle-ci ne méritant guère d’être retracée, pour nous intéresser brièvement à sa situation dans les débuts de la Bundesliga. En 1963, l’Eintracht Frankfurt est en assez bonne forme. Champion national en 1959, finaliste de l’ancêtre de la ligue des champions (où le Real les défait 7-3). Ces bons résultats lui valent naturellement une place parmi les premiers clubs à disputer la nouvelle Bundesliga.

Le club a conservé un excellent niveau jusque dans les années 1990, sans jamais parvenir à décrocher le titre. Il se console malgré tout en raflant quatre coupes d’Allemagne (1974, 1975, 1981, 1988). A la fin des années 1980, le niveau faiblit, le club descend peu à peu dans le tableau - Frankfurt connaît parallèlement une période de difficultés financières qui continuera jusque dans les années 2000. C’est d’autant plus terrible qu’au début des années 1990, le club peut aligner des joueurs plus que remarquables: Uwe Bein, l’un des plus brillants milieu de terrain de cette décennie, le gardien Andreas Köpke, gardien de l’année en 1996, et le brillant Andreas Möller, redoutable milieu de terrain qui s’illustrait alors en équipe nationale.

Entre 1988 et 2005, le club va subir 3 relégations en 2. Bundesliga. A l’instabilité financière s’ajoute une valse des présidents et des entraîneurs. 2005 marque l’année d’un grand retour en première division, avec une équipe très jeune, mais le club peine à dépasser le milieu du classement. Il subit une nouvelle relégation en 2012. Malgré une bonne saison 2013/2014 qui les voit finir sixième, les résultats restent très inégaux; en l’an dernier, le club a fini 16e, juste derrière Hoffenheim, et ne doit sa présence qu’à sa victoire a un but près contre le FC Nürnberg en match de barrage.

Qu’en est-il cette saison ? Eh bien Frankfurt se retrouve pour l’heure à nouveau juste derrière Hoffenheim, mais nettement plus haut : à la 5e place. Avec deux défaites, mais une victoire de plus que le TSG, l’Eintracht a battu des poids lourds : Schalke, le Bayer, Köln, Dortmund… et a obtenu une égalité contre le Bayern. Fort d’un jeu très agressif, d’une tactique fort variée, et de redoutables tirs à distance, Frankfurt ne sera pas un adversaire facile, d’autant plus que ce sont eux qui reçoivent. Mais le moral du TSG doit être au beau fixe après la brillante victoire de la semaine dernière, aussi vais-je être optimiste et croire a une petite victoire à l’arrachée, comme un petit 1-0 qui m’irait parfaitement et permettrait, au moins jusqu’au lendemain, de retrouver la 3e place.

Résultat

Quel match invraisemblable ! Sans grand intérêt d’un point de vue footballistique, et plutôt inquiétant du reste car les joueurs de Hoffenheim paraissaient totalement neutralisés et ceux de Frankfurt ont fait de très belles et dangereuses percées.

On retiendra surtout une équipe d’Eintracht qui a joué avec une inexcusable sauvagerie et un arbitrage absolument lamentable (et du reste fort critiqué), qui a fini par devoir sortir une pluie de cartons.