Ce samedi, le TSG Hoffenheim affronte le 1. FC Köln. Nous allons en dire quelques mots rapides.

Köln (version allemande de Cologne) est la 4e ville d’Allemagne par la taille, derrière Berlin, München et Hamburg. Köln / Cologne tire son nom du nom de l’établissement romain, sous le règne de Claude (41-54) de la Colonia Claudia Ara Agrippinensium, ville créée à la demande d’Agrippine, dernière épouse de l’Empereur, native de la région (et, accessoirement, celle qui commanditera son assassinat). Tout cela pour dire que Köln est une ville d’importance depuis fort longtemps. Sur le blason du club vous pouvez voir les deux tours du Dom, la cathédrale de la ville, le monument touristique le plus visité d’Allemagne et la plus grand ouvrage d’art gothique au monde, dont l’histoire là encore mériterait tout un paragraphe; mais bref, la célébrité des deux tours du Dom en faisaient un symbole tout trouvé pour le blason de la ville.

Passons sur l’histoire longue de la ville - nous aurons l’occasion d’y revenir et présentons rapidement le club.

Comme dans la plupart des grandes villes, plusieurs clubs locaux se disputaient le droit de représenter fièrement les couleurs de Köln. Plusieurs clubs sont créés à la toute fin du XIXe et au début du XXe siècle, et deux en ressortent : le Kölner Ballspiel-Club 1901 et le Spielvereinigung Sülz. Déjà à cette époque on assiste à des premiers matchs entre cex deux équipes contre l’éternel rival de Köln, Mönchengladbach, l’autre grand club de Rhénanie du Nord Westphalie (auf Deutsch, Nordrhein-Westfalen), que nous avons vu jouer la semaine dernière.

Le premier club de Köln ne brille guère dans la première moitié du siècle, à part une participation (sans succès) en 1912 au championnat d’Allemagne qui oppose les champions régionaux. Le second y participe plusieurs fois dans les années 1920-1930, mais sans jamais le remporter.

En 1948, les deux groupes fusionnent avec pour ambition de fonder LE vrai club de Köln (d’où le 1. devant leur nom, Erste, premier, numero uno). Le club progresse peu à peu, et à la création de la Bundesliga en 1963, il fait partie des “nouveaux noms” qui apparaissent à la faveur du nouveau championnat. Et là, créant la surprise, qu’un peu puisque Köln est la première équipe à remporter la Bundesliga, à la saison 1963/1964. Le club est assez irrégulier mais ajoute à ses trophées une coupe d’Allemagne en 1968, puis une seconde en 1977. L’année suivante, il obtient un doublé coupe / ligue. Après cet exploit, le niveau redescend légèrement pour remonter à la fin des années 1980, où le club finit trois saisons sur le podium - mais sans parvenir à gagner son troisième championnat. La même décennie, le club obtient son meilleur résultat en coupe de l’UEFA, en perdant une finale contre le Real Madrid.

Alors que les résultats cumulés en ligue valaient à Köln la réputation d’être un club très régulier et de compter parmi l’élite du championnat - tombant très rarement en deça du milieu de tableau -, le niveau va chuter très brutalement au début des années 1990. En 1998, le club subit une première relégation. La saison 1998/1999 est désastreuse; même en 2e division, Köln finit à la 10e place. L’année suivante, il remporte toutefois la 2. Bundesliga et peut revenir au sommet… pour subir la pire saison de son histoire en 2001/2002, où le club obtient le “record” du nombre de minutes jouées sans marquer en ligue (1033 minutes, soit un peu plus de 11 matchs).

Köln va faire des allers-retours continue entre les 2 divisions; en 2008, on peut croire la mauvaise période terminée, mais une nouvelle relégation a lieu en 2012. Le club est revenu en Bundesliga en 2014. Après deux saisons plutôt encourageantes (qui lui valent la 12e puis 9e place), Köln a très bien entamé la saison actuelle. Classé 5e avec 6 victoires et 2 défaites seulement pour 12 matchs joués, le club se distingue par son style très offensif et la grande forme de son attaquant français, Anthony Modeste (12 sélection, 12 buts, pas mal !). Notons au passage que Modeste est un ancien de Hoffenheim. Bref, Köln semble être prêt à oublier les vingt dernières années et à redevenir l’équipe de très haut niveau des années 1960-1980.

Alors, à quoi s’attendre ? Franchement, je suis plutôt inquiet. Köln a déjà battu Hoffenheim en coupe d’Allemagne (2-1), et le TSG semble donner quelques signes de fatigues sur ses deux derniers matchs. Je serais donc très heureux si le TSG décrochait un nouveau match nul; je vais parier sur un 2-2.

Résultat

J’avais eu juste sur le nombre de but… mais j’aurais pensé la rencontre bien plus équilibrée ! Mais qui suis-je pour bouder un triomphe 4-0 du TSG ? Match très agréable pour qui supportait Hoffenheim, qui a montré de très belles combinaisons de jeu (et, soyons honnête, bénéficié d’un peu de chance par moment), face à une équipe de Köln qui paraissait complètement à côté de ses pompes.

Le nouveau système mis en place par Nagelsmann consistant à piéger l’attaque en reculant lors des captures en milieu de terrain a été redoutable, privant Köln de la possession requise pour faire les redoutables passes à Anthony Modeste grâce auquel l’équipe a su s’imposer dans la plupart de ses victoires.