Ce dimanche, Hoffenheim va rencontrer le Hamburger Sport-Verein. On en dira ici quelques mots rapides, le temps me manque un peu.

 Une histoire glorieuse

Club omnisport fondé en 1887 - il s’appelle alors le Sport-Club Germania - le Hamburger SV ne se met au football qu’en 1891 sous l’influence de plusieurs anglais qui avaient rejoint ses membres. Le club monte assez vite les échelons et dès le début des années 1920, c’est l’un des principaux clubs d’Allemagne.

En 1922, il dispute une finale contre FC Nürnberg, alors champion. En théorie, le club a gagné cette finale après un premier match nul, mais uniquement parce que plus de 4 joueurs de Nürnberg avaient du sortir du terrain. La Fédération Allemande de Football incita le club à refuser le titre de champion, cette victoire “par défaut” ne méritant guère la coupe selon les goûts footballistiques de l’époque. Le club put toutefois remporter vraiment le championnat en 1923, et une deuxième fois en 1928 (contre le Hertha Berlin).

Jusqu’en 1963, malgré un relatif manque de titre à part un nouveau championnat en 1960, le Hamburger SV reste l’un des meilleurs clubs du pays et personne n’est surpris de le voir dans la liste des seize premières équipes à disputer la Bundesliga. Depuis cette date, le club n’a jamais été relégué en deuxième division; c’est la seule équipe parmi les seize d’origine à pouvoir s’en vanter - même si, comme on va le voir, ça risque de ne pas durer - ce qui lui vont son surnom de Bundesliga-Dino, le “dinosaure de la ligue”.

La première année du championnat voit Hamburg finir sixième; mais surtout, parallèlement, ils gagnent leur première coupe d’Allemagne, ce qui leur ouvre l’accès à la coupe européenne des vainqueurs de coupe qui existait alors (souvent abrégée en C2). Ils gagnent une deuxième fois la coupe en 1976 et remportent le C2 l’année suivante. Ce sont des années fastes pour le club, qui passe du milieu de tableau à la seconde place en 1976. Et en 1979, le club remporte enfin la Bundesliga pour la première fois. Hamburg est alors un club moderne, très intégré dans les circuits internationaux du football; sa star est l’attaquant anglais Kevin Keegan, double ballon d’or européen; son coach est le yougoslave Branko Zebec (qui doit hélas quitter le club trois ans plus tard à cause de son alcoolisme).

Le club atteint son meilleur résultat en 1983 avec un doublé : champion de la Bundesliga et victoire en club des champions contre la Juventus - notamment grâce à Felix Magath, remarquable milieu qui fut l’une des pièces maîtresse de l’équipe nationale au début des années 1980, et qui marque le but de la victoire contre Turin (Magath sera ensuite l’entraîneur du Bayern entre 2004 et 2007).

 Une période moderne moins reluisante

A la fin des années 1980, le niveau du club baisse susbstantiellement; il connaît également des difficultés financières qui le forcent à vendre certains de ses meilleurs joueurs. Il faut attendre la saison 1999/2000 pour que le club remonte à la 3e place - après une saison 1996/1997 où il échappe d’une seule place à la relégation. Le début des années 2000 commence plutôt bien en championnat; le club dispute deux ligues des champions avec des résultats nettement moins probants. Après une nouvelle peur de la relégation en 2005/2006 - suite à un début de saison catastrophique où le club arrive à la pause hivernale en ayant gagné un seul match - sauvé par le recrutement Hubb Stevens (qui ira plus tard entraîner Hoffenheim, c’est le prédécesseur de Nagelsmann), le club finit les années 2000 avec de bons résultats qui lui permettent de jouer régulièrement en coupe UEFA.

Et puis, depuis 2011… c’est la dégringolade. Hamburg finit 8e, puis 15e, remonte 7e… survit à un barrage en 16e une première fois, une deuxième fois… et obtient un répit la saison précédente où il a finit à la 10e place. Cette saison, toutefois, est désastreuse pour le club, qui est actuellement bon dernier. C’est le seul club à n’avoir gagné aucun match depuis le début de la saison. En tout est pour tout, il n’a mis que 4 buts en 10 matchs. Faible face aux contre-attaques, aux passages en profondeurs, aux coups de pieds arrêtés et aux ailes, la défense prend l’eau de partout.

Mais si l’histoire du club nous a appris quelque chose, c’est que Hamburg a une capacité à survivre sans commune mesure, alors en l’enterrons pas trop tôt. Mais enfin, vu la forme actuelle de Hoffenheim plus l’avantage à domicile, je ne serais pas étonné que cela se finisse par un 4-0, Nagelsmann voulant sûrement profiter de l’occasion pour solidifier son goal average.

Résultats

Bon, hé bien mes capacités au pronostic ne sont vraiment pas glorieuses ! Ce nouveau match nul est décevant; mais d’un autre côté, le match fut plein de suspens. Hamburg a été remarquable dans sa construction et sa capacité à déjouer les attaques du TSG.

Est-ce que Hoffenheim n’a pas réussi à placer son jeu, ou a été déjoué par un effectif certes pas formidable mais très bien coaché ? Difficile à dire. Dans tous les cas, le moral des Hambourgeois est vraiment remarquable et on comprends pourquoi ils n’ont jamais été relégués à ce jour ! Espérons que le match retour sera plus convaincant.