Après une défaite en coupe en début de semaine (Köln / Cologne a gagné 2-1), le TSG rencontre dimanche une nouvelle pointure : le Hertha Berliner Sport-Club Berlin, dont les origines remontent à 1892, ce qui en fait le plus vieux club de la Bundesliga - d’où peut être son surnom de “vieille dame” (die Alte Dame). Je vais essayer ici de résumer de mon mieux la - très longue - histoire de ce club.

Le club est fondé par deux fois deux frères : les frères Lindner et les frères Lorenz, qui ont entre 16 et 17 ans. Fritz Lindner le nomme “Hertha” en souvenir du nom d’un bateau sur lequel il a voyagé peu avant la création du club avec son père. Ce sont les couleurs de la cheminée du navire qui lui inspirent celle du club - par un hasard amusant, les mêmes que Hoffenheim.

Le club progresse assez vite et connaît un pic de popularité en 1910 suite à sa victoire (3-1) contre Southend United FC; à cette époque, les clubs anglais sont l’étalon selon lequel on juge les équipes, et vaincre l’un d’eux apporte immédiatement une certaine célébrité. Hertha revendique l’honneur d’avoir été la première équipe continentale à avoir réalisé cet exploit (je n’ai pas le temps de vérifier je reviendrais là dessus si je trouve une confirmation).

L’âge d’or (1920-1930)

Si la Première Guerre Mondiale a rendu la vie du club difficile - il perd 36 membres et subit quelques pénalités pour des salaires illégaux à une époque où le football allemand n’est pas encore professionnalisés - le club berlninois se reconstruit assez vite dans les années 20. Après des difficultés financière, il fusionne avec un autre club berlinois dont les finances sont nettement meilleures. Cela lui permet de grimper, quarante après la fondation, à la 2e place (1926-1929) puis à la première (1930-1931) du championnat allemand.

Sous le nazisme

La reprise en main du club sous la période nazi a fait couler beaucoup d’encre - les historiens débattant du degré de militantisme de la part des joueurs et du staff. Le président du Hertha Berlin au début des années 2000 a même demandé à un historien comtemporanéiste berlinois une étude complète sur la question.

Un cas emblématique est celui posé par Hanne Sobek, star de l’équipe (et numéro 10 de l’équipe nationale), encarté au NSDAP; mais certains font remarquer que ses sympathies avec des intellectuels mals vu du régime et quelques personnalités juives cadrent mal avec un véritbale engagement nazi. Il se serait encarté pour pouvoir continuer sa “vraie” carrière (là encore, rappelons que les joueurs de cette époque ne sont pas des professionnels), celle de journaliste à la radio - métier pour lequel il fallait être membre du parti.

Si la question des sympathies politiques reste ouverte, il n’en demeure pas moins que Hertha subit et participe à la “déjudaïsation” du monde du football allemand : son médecin en chef est déporté et tué en 1943.

L’après-guerre

Dissous comme la majorité des clubs en 1945, Hertha est refondé peu de temps après. Mais l’organisation est compliquée : la capitale allemande est en ruine et la division de la ville entre zone sous contrôle russe et zone sous contrôle allié ne facilite pas les choses.

L’une des histoires emblématique de cette époque est celle de Helmut Schön, ancien joueur de Sankt-Pauli (club mythique de Hambourg sur lequel nous reviendrons sans doute un jour) et de l’équipe nationale, devenu entraîneur. Schön a fuit la RDA en 1950, furieux des interférences du parti communiste dans les questions sportives - il entraînera brièvement le Hertha. En représaille, la fédération de la RDA interdit à ses équipes de jouer contre Hertha Berlin pendant une année. Schön deviendra par la suite entraîneur de l’équipe de la RFA (1964-1978.)

Chute et remontée

Le Hertha Berlin fait parti des premiers clubs à disputer la Bundesliga nouvellement fondée en 1963. Mais ses résultats sont désastreux; il échappe d’une seule place à la relégation.

Les années 1970 commencent beaucoup mieux : Berlin est 3e de la Bundesliga et réussit à se hisser aux quarts de la ligue UEFA (future Ligue Europa). Mais elle est mêlé au scandale des matchs truqués de 1971 (une série de manipulations lancées par Oberhausen et Bielefeld pour éviter la relégation), ce qui lui vaut de lourdes sanctions financières. Malgré ses tribulations, le club parvient à garder de bons résultats - mais toujours en 2e ou 3e place, quelle que soit la compétition.

Commence alors une période noire : à la fin des années 1970, le club dégringole; il est relégué en deuxième division en 1980; en 1986, il tombe en 3ème. Il remonte à la fin des années 1980, et va passer les années 1990 en 2nde division malgré une brève apparition en 1. Bundesliga dans la saison 1990-1991.

Le club ne retourne en première division qu’en 1999. Ses résultats sont des plus inégaux, et il subit encore deux relégations (2011 et 2013).

Aujourd’hui

Le Hertha Berlin, entraîné par le hongrois Pál Dárdai - ancien milieu du club - depuis l’an dernier, a fait un magnifique début de saison 2016-2017, ne perdant qu’un seul de ses matchs, face au Bayern (3-0). Il est parvenu à vaincre Schalke, Ingolstadt, Hamburg et surtout Köln (l’équipe qui vient de coller 2-1 au TSG en Coupe d’Allemagne); ils ont aussi obtenu l’égalisation face à Dortmund au moment où le club était en pleine forme (dans un match un peu chaud qui s’est fini à 20, les deux équipes ayant écopé d’un rouge) ce qui lui vaut à l’heure où j’écris la 3e place (juste devant Hoffenheim en fait).

Doté d’une attaque très en forme (surveiller de près Vedad Ibišević, qui, à 32 ans passé, a collé 6 but cette saison - plus trois passes décisives) et jouant surtout le pressing dans leur milieu du terrain, Berlin a les armes qu’il faut face à Hoffenheim dont la résistance au contre-attaque n’est pas touours le point fort.

Je préfère donc être prudent et espérer un match null, si possible moins stressant que celui que le TSG avait arraché contre Mainz. Je parie donc sur un 2-2 - mais puisque Hoffenheim a l’avantage de jouer à domicile, un petit 2-1 en faveur du TSG serait également possible.

Résultats

Le TSG a extrêmement bien joué et l’insistance de Nagelsmann sur les changements rapide de phase a payé. Le match n’en est pas moins frustrant, car nombre d’occasions ont été ratées, parfois à quelques millimètres. Peut-être aurait-il fallu varier un petit peu, encore !, les angles d’attaques car la surenchère sur l’aile gauche n’a pas été très payante.

D’un autre côté, la neutralisation de l’attaque du Hertha mérite vraiment les louanges. Ibisevic a été complètement privé de ballons. Et la victoire, autant que la fougue à vouloir faire le break, fait plaisir - le but de Süle, certes un chouïa chanceux, n’en est pas moins magnifique.

On espère voir la défense aussi efficace contre le Bayern…